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Face à face avec... Marion Maréchal-Le Pen

Entretien avec Marion Maréchal-Le Pen, qui sera en visite dans le Jura, ce vendredi, afin de soutenir les candidats frontistes aux prochaines élections départementales. A cette occasion, quelques maires jurassiens officialiseront leur ralliement au "Rassemblement Bleu Marine". Indiscrétions en avant-première...

Marion Maréchal-Le Pen, vous allez pour la première fois venir dans le Jura, vendredi prochain. Pourquoi avez-vous souhaité faire ce déplacement ? 

"En tout premier lieu car j’ai été invitée par un cadre local et un ami, Thibaut Monnier, qui est également secrétaire général du collectif Audace, structure rassemblant de jeunes actifs patriotes. Ensuite car ce déplacement s’inscrit dans le soutien que je souhaite apporter aux candidats qui porteront nos couleurs partout en France pour les départementales. Notre objectif est ambitieux : être présents dans tous les cantons de France pour achever notre implantation locale. Aucun autre parti ne relèvera ce défi. Enfin, dois-je vous avouer que ma curiosité est forte de découvrir le Jura, une terre où les savoir-faire et les traditions culinaires font rayonner la France au-delà de ses frontières". 


Selon vous, la configuration politique augure-t-elle que les candidats du Front National aient raisonnablement une chance d'entrer par la voie des urnes à l'Hôtel du département
?

"Nous aurons vraisemblablement de nombreux conseillers départementaux voire même une majorité dans certains départements. Aux dernières européennes, le FN fut premier dans 28 des 34 cantons du Jura et deux maires nous ont rejoints, Stéphane Montrelay et Luc Bejean. De quoi être optimiste ! Ce scrutin, totalement absurde, a conduit aux redécoupages des cantons, il n’y a donc pas de conseillers sortants et la fusion de plusieurs cantons conduira certainement à la guerre aux investitures au PS et à l’UMP.
Empêtrés dans leurs courses aux places, nous aurons tout le loisir de développer notre programme : celui d’une gestion en bon père de famille. Un programme qui défendra bec et ongles le département, aujourd’hui menacé de disparition au profit d’intercommunalités dispendieuses et de super-régions déconnectées". 


Et nationalement. Qu'attendez-vous de cette élection ? 

"La confirmation que le Front National est en progression sur tout le territoire français, l’émergence de nouveaux cadres locaux et bien sûr la possibilité de démontrer que notre mouvement est tout à fait apte à gérer des exécutifs locaux". 


Parlons un peu de vous... Vous êtes la plus jeune députée de l'histoire de la République à être entrée au Palais Bourbon (en 2012, vous n'aviez alors que 22 ans). Comment avez-vous appréhendé, si jeune, de siéger dans l'hémicycle aux côtés de poids lourds de la politique nationale ? 

"Ces poids lourds sont ceux qui ont conduit la France à la ruine et au déclassement. Pas de quoi être impressionnée… De plus, je ne suis pas entrée seule au Palais Bourbon mais accompagnée de millions de Français qui ont pu enfin faire entendre une voix discordante au milieu de ce copinage UMPS. Une toute petite voix malheureusement, car le premier parti de France a aujourd’hui deux députés quand les Verts en ont dix-sept et les communistes dix ! Cherchez l'erreur...


Figure montante du Front National, vous semblez incarner une ligne distincte, plus "méridionale" de celle de Florian Philippot, grand architecte de la stratégie de "dédiabolisation"... Est-ce un choix délibéré de votre part ?
 

"Il n’y aucune stratégie de ma part. Je fais de la politique avec mon cœur et mes tripes. Nous sommes un grand mouvement, fort de 83 000 adhérents, il est tout à fait logique dans ces conditions que nous fassions la synthèse de sensibilités différentes qui ne s’opposent pas mais s’accordent sur l’essentiel : la défense de la souveraineté et de l’identité française".


Vous vous dites favorable à "l'union des droites"... Pensez-vous qu'un jour le FN puisse absorber l'aile droite de l'UMP ? 

"Plus exactement, je suis favorable aux unions d’hommes et non de partis, nos divergences avec l’UMP étant trop importantes, notamment sur l’Union Européenne et leur bilan migratoire. Dans mon département, le Vaucluse, ces alliances peuvent se faire plus naturellement avec des hommes de droite. Je suis d’autant plus confortée dans ce diagnostic que nous avons enregistré près de 4000 voix de grands électeurs aux dernières sénatoriales soit 3000 voix de plus que notre socle d’élus locaux FN. Cela est la preuve que nous sommes de plus en plus crédibles aux yeux du personnel politique". 


Selon vous, que faudrait-il accomplir pour réellement parvenir à inverser la courbe du chômage et que la France sorte du marasme économique dans lequel elle semble irrémédiablement engluée ?

"Sortir d’un modèle économique qui a fait la démonstration de son échec. Il est grand temps de construire la politique économique autour des TPE, PME et PMI et non plus dans le seul intérêt des grands groupes qui eux délocalisent pour ne pas subir l’euro trop fort, font de l’optimisation fiscale et sociale pour ne pas souffrir d’une législation du travail trop contraignante et d’impôts trop complexes et élevés. Les petits commerçants et artisans n’osent plus embaucher faute de confiance en l’avenir, victimes qu’ils sont de décennies de promesses non tenues. Beaucoup ferment boutique en raison d’un déficit de trésorerie que les banques refusent de compenser. Il est temps également de revoir notre politique bancaire qui renfloue allègrement les banques avec l’argent public sans contrepartie et après que celles-ci aient outrancièrement spéculés sur les marchés financiers avec l’argent des Français".  

Réunion publique de Marion Maréchal-Le Pen, vendredi 12 décembre à 20 heures au Juraparc de Lons-le-Saunier. Entrée libre et gratuite.


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