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Grands mots... grands remèdes...


Le sexe du Clafoutis

Hyacinthe, Lucienne, Alphonse, voilà les prénoms de ceux qui nous quittent.
Deux pages et trois générations plus loin ce sont Louna, Djuliann, Théa, Naomi. Les prénoms de ceux qui arrivent. La néophobie, cette peur de la nouveauté, attribut de tant d’anciens, fait grincer quelques dents. Et quelques dentiers.
Il est vrai qu’il y a parfois des abus. Un tribunal vient d’interdire à des parents d’appeler leur fille Nutella car « cela pouvait entraîner des moqueries ». Et pire encore, un surpoids ? A Besançon on a refusé Princesse-Rebecca et à Perpignan Mini-Cooper.
Notons que les prénoms automobiles, Mercédès, Mégane, Clio, Dyane, qui entretenaient un quiproquo entre la fille ainée et la voiture, sont en panne sèche depuis les chocs pétroliers et la taxation du diesel.
J’imagine la tête des anciens, Raoul, Philomène, Amédée…quand arrivèrent les petits nouveaux avec leurs prénoms avant-gardistes : Gaston, Henriette, Roger, Josette !
On m’appela Gérard. De par Dieu et de par tous les saints du Paradis, où diable sont-ils allés chercher ce prénom ? Ce fut le mien. Un sexe mâle de belle facture et à la finition soignée me permit d’éviter à jamais Marie-Christine, l’alternative qui m’était promise.
Dans les années 60, le couturier Courrèges a prénommé sa fille Clafoutis. Bévue de l’atelier de confection car le clafoutis est un gâteau masculin.… Aujourd’hui Clafoutis porte son second prénom, moins bourratif : Marie. 
Les prénoms collent à leur temps. Ainsi si vous accouchez dans l’ambulance parce que la maternité de Saint-Claude est fermée à la demande de l’ARS, prénommez votre enfant ARSène.
Ce ne sera pas volé !
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