Hebdo 39 Lons-le-Saunier


Jura...sic Center Parc et aéroport des Landes même combat !

  • "La mobilisation est au rendez vous", a estimé un organisateur
  • "La mobilisation est au rendez vous", a estimé un organisateur
  • Anne Perrin pour la promotion d'un autre tourisme.
Près de 150 manifestants ont défilé samedi dernier à Lons Le Saunier à l'appel du collectif Jura-Notre Dame des Landes, de la Confédération Paysanne de Franche-Comté, de l'association "Le Pic Noir" et de "Europe Ecologie les Verts" pour réclamer l’abandon des projets aéroport des Landes et Center Parc de Poligny.

 

Samedi, en milieu de matinée, plusieurs dizaines de piétons ont manifesté pour réclamer l'abandon des projets de l'aéroport de Notre Dame des Landes (Loire Atlantique) et du Center Parc de Poligny, mobilisés par les associations locales hostiles aux projets.
Une manifestation de protestation contre d’éventuels arrêtés d’expulsions des opposants historiques au projet d’aéroport, soit les occupants de onze maisons et de quatre fermes exploitant encore plus de 400 hectares de terres agricoles.
Figure locale du collectif Jura-Notre Dame des Landes, Claude Buchot ne désarme pas et qualifie ce projet "d’inutile, imposé et toxique. Inutile car Nantes possède déjà un aéroport plus grand que celui de Genève, imposé car les pouvoirs publics lorgnent sur la finance et toxique car désastreux sur le plan des gaz à effet de serre». Le ton est donné.
Les opposants, déterminés à faire abandonner le projet, sont toujours mobilisés. Des actions similaires ont été annoncées dans plusieurs villes françaises" a rappelé le militant qui se dit "révolté" par ces expulsions.
Pour rappel, le futur aéroport de Nantes devrait commencer à sortir de terre en 2016 alors même que la ministre de l’écologie, Ségolène Royal, avait exprimé, de son côté, début novembre, en pleine préparation de la COP 21, des « doutes » sur la « pertinence » d’ouvrir le chantier, préférant en appeler à de nouvelles expertises indépendantes sur de possibles alternatives.

Véronique Guislain : "Les engagements financiers pressentis à la signature du document d'intention en juillet 2014 par le Président Perny et les élus de Poligny sont obsolètes"

Dans le même cortège lédonien, des Jurassiens, venus dire leur opposition au projet d'implantation d'un Center Parc à Poligny, autour des élus d'EELV et de l'association "Le Pic Noir" et sa co-fondatrice Véronique Guislain. "Il y a Notre Dame Des Landes, c'est important de montrer notre combat, mais ici il y a le projet Center Parc auquel nous nous opposons fermement" souligne la responsable associative. Laquelle détaille :
"L'association créée en mars 2014, avait dans un premier temps pour objectif de collecter de l’information afin d’étudier les impacts de ce projet, et de mener une réflexion préalable un peu plus poussée et contradictoire dans le respect des règles démocratiques. La loi NOTRe (ndlr :Nouvelle Organisation Territoriale de la République) a modifié les domaines de compétences des régions et redéfinit clairement les compétences attribuées à chaque collectivité territoriale. Les engagements financiers pressentis à la signature du document d'intention en juillet 2014 par le Président Perny et les élus de Poligny sont obsolètes".
Et d'ajouter que "le débat public avait permis de garantir de la transparence sur ce projet grâce à Claude Brevan, présidente de la commission particulière du débat public qui avait toujours tenu à ce que les élus répondent aux questions".
Mais désormais que le débat public est clos, qu'en sera t'il de la transparence des nouveaux élus ?" s'interroge t-elle.
Pour André Jacques, président de la société de pêche de Sirod, présent dans la manifestation, "nous voulons garder notre patrimoine naturel intact. Si Center Parc s'implantait en forêt de Poligny, ce serait 500 m3 journaliers d'eau prélevés dans nos rivières. La pêche de loisirs est donc en danger et nous la défendons", s'insurge le pêcheur.


Meurtri par les échecs électoraux, EELV veut se dépasser !

C'est l'un des grands perdants de la dernière élection. En effet, le parti Europe Ecologie Les Verts vient de disparaître de l'hémicycle régional.
"Nous avons perdu nos 13 élus répartis sur les deux territoires de la grande région. Une déception d'autant plus difficile à avaler que les écologistes étaient implantés de longue date dans nos régions" confie Anne Perrin, l'élue verte de Lons le Saunier, opposée au projet Center Parc à Poligny.
La militante d'EELV, qui avait appelé à rejoindre ce rassemblement, pointe ce modèle économique qui selon elle est "discutable", estimant "qu'il est grand temps de mettre fin à ces projets démentiels qui servent les intérêts de quelques-uns aux dépens du plus grand nombre. Les collectivités publiques doivent d'urgence réorienter leurs investissements vers des projets responsables socialement et écologiquement, servant l'intérêt commun" et invite les élus de la Région à "jouer leur rôle" en étant attentifs à ces problématiques pour " un avenir écologiquement et socialement durable".
"Ce que nous reprochons aux élus, de droite comme du Parti Socialiste car le précédent président du Conseil général était pour et l'actuel président du Conseil départemental a récemment déclaré publiquement vouloir les deux projets de Center Parc en Bourgogne Franche-Comté, tout comme Marie-Guite Dufay, la nouvelle présidente de la grande région, c’est d’avoir pris leur décision très vite (trop vite), avant d’avoir en main l’intégralité des éléments. Les problèmes d’assainissement, l’impact de ce projet sur les populations, n’ont pas été pris en compte correctement. Et puis l’image de Poligny, du Jura, ce tourisme vert qui maille toute la région n’est pas en accord avec l’image que développe Center Parc, qui tend à uniformiser les vacances ! C'est vraiment le modèle économique du passé. Avec autant d'argent, autant faire la promotion d'un autre tourisme , plus intelligent et plus respectueux de l'environnement» conclut Anne Perrin.
En ce début d'année, le bateau EELV tangue certes, mais au vu de la mobilisation de ses militants, n'a pas encore coulé...

Poligny destination alléchante ?

Ainsi donc, Pierre & Vacances, cette multinationale du tourisme de masse a jeté son dévolu non loin de l’abbaye de Baume-les-Messieurs d’où sont partis les fondateurs de Cluny, à Château-Chalon patrie du vin jaune, à un jet de pierres de la vigne de Pasteur à Arbois. 
Le coup de tonnerre ? Une offre présentée de manière alléchante par l’homme d’affaires Gérard Brémond : une bulle tropicale chauffée à 29°C, y compris pendant les hivers où le mercure peut descendre à – 20°C. Une bulle, donc, garnie de 400 chalets en bois, nommés « cottages » dans le projet, construits dans une forêt infestée de tiques sur un plateau karstique sans eau, troué comme un emmental. Le tout à proximité d’une ancienne route royale devenue Nationale 5 reliant Paris à Genève et son aéroport international.
La position géographique semblait être un atout après les difficultés de Roybon (Isère) et sa forêt humide.
Là, c’est tout l’inverse...  Pas d’expropriation à prévoir, la ville de Poligny pouvant céder plusieurs centaines d’hectares de forêts d’un seul tenant. Pas d’espèce animale rare à protéger. Pas de concurrence sur ce créneau touristique, dans une région pourtant très peu dense où les seules villes à moins de 100 kilomètres de distance sont Dijon, Besançon, Dole, Lons-le-Saunier.
L’absence de métropole comme bassin d’alimentation touristique ne semble pas inquiéter la société qui compte sur les Suisses pourtant peu amateurs de ce genre de loisirs et qui accélérera la rotation des touristes deux fois par semaine, sur les Allemands voire les riches Russes !
Le tourisme n'est-il pas l'industrie qui consiste à transporter des gens qui seraient mieux chez eux dans des endroits qui seraient mieux sans eux ?


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