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La lutte vitale du Parti Communiste Français

2018 sera peut-être l’année qui ébranlera le Parti Communiste Français (PCF). Le congrès extraordinaire, prévu au mois de novembre,  est déjà  présent dans l’ensemble de l’appareil et secoue bien des esprits. Rendez-vous crucial pour l’avenir de la formation, ce congrès est présenté comme le passage où le PCF devra « repenser son action et ses ambitions en se déployant sur plein de thèmes comme l’écologie, l’égalité des territoires ou le droit des femmes » selon Pierre Laurent, le secrétaire national lors de ses voeux à la presse. Et s’il est vrai que le PCF a besoin de se faire entendre sur ces thématiques, sur lesquelles il a été relativement silencieux ces dernières années, ce congrès va surtout être l’occasion de faire le point sur la stratégie d’alliance et de rassemblement qu’il souhaite mener. Un introspection sur ce que pourrait-être  une identité communiste moderne…

Aujourd’hui, le mécontentent grandit à l’égard de la direction du parti, de nombreux militants ne comprenant pas son attitude vis à vis de Jean-Luc Mélenchon. Alors qu’ils l’avaient soutenu lors de la présidentielle, les relations n’ont cessé de se détériorer entre l’Insoumis et la direction communiste. Une situation intenable pour beaucoup de cadres qui estiment qu’à l’image du travail commun des deux groupes de l’Assemblée Nationale, les deux partis devraient dépasser leurs divergences. C’est le cas, par exemple, de Marie-Georges Buffet, députée de Seine-Saint-Denis, ancienne patronne du parti et soutien d’une alliance avec Jean-Luc Mélenchon, qui prend de la distance avec les débats internes, bien qu’elle reste persuadée de la nécessité d’un combat politique interne au parti afin de « faire émerger des idées nouvelles et un mouvement nouveau ». Entre partisans d’un rapprochement avec les Insoumis et défenseurs d’une identité communiste, les discussions deviennent houleuses… 

L’ombre encombrante de Jean-Luc Mélenchon… Après un déclin inexorable, au profit du Parti Socialiste, débuté dès la fin des années 70, le PCF se trouve désormais confronté à un choix cornélien : se réinventer ou disparaitre. Sans candidat lors des deux dernières présidentielle, le parti a fait le choix de soutenir, sous une forme ou une autre (Front de Gauche en 2012) la candidature de Jean-Luc Mélenchon. La base était favorable à ces « alliances » de circonstance, cependant, à l’heure actuelle, au sein de la direction ils sont plusieurs à se poser la question de la survie du parti en l’état. En effet, Jean-Luc Mélenchon préemptant tout l’espace à gauche, comment se faire entendre et éviter un exode des militants vers la France Insoumise (LFI) ? Malgré la bonne collaboration à l’Assemblée, le leader de LFI estime qu’il n’a pas besoin de l’appareil du PCF et que si rassemblement il doit y avoir, il se fera autour de lui et de son programme. Or pour continuer à exister, le PC a besoin de forger de nouvelles alliances…

Face à la volonté d’hégémonie de LFI, le PCF, lui, se voit plus dans un rôle de parti pivot au cœur de la recomposition de la gauche. L’organisation des « états généraux du progrès social », le 3 Février dans plusieurs communes de banlieue parisienne, participait de cette volonté. Les ambitions étaient élevées, avec l’objectif d’arriver à construire un projet ancré dans les mobilisations sociales, avec l’ensemble des forces de gauche. À l’exception du PS (officiellement pour cause d’absence de premier secrétaire…) des invitations avaient été envoyées à plusieurs formations (Génération.s, LFI, EELV…), une manière pour le parti de se poser en plateforme de dialogue entre les différentes forces de gauche et de tenter de marginaliser un peu les Insoumis, en s’inscrivant dans une démarche de rassemblement… 

Pour le PCF, il est donc urgent de clarifier la ligne. Entre une volonté de tisser des liens avec le mouvement de Benoît Hamon et les écologistes ou un accord avec LFI, en vue des échéances européennes et municipales, il faudra trancher. Le parti ne peut pas se permettre d’entretenir une ambiguïté permanente. À l’heure où la plupart des intellectuels, tel que l’entendait Gramsci, ont déserté les structures partisanes, le PCF se trouve face à un double défi. Obligé de se réinventer idéologiquement, afin de faire sa mue s’il veut entrer de plein pied dans le 21ème siècle, en abordant des thématiques contradictoires avec sa doxa ancestrale. Ainsi, comment faire cohabiter l’écologie avec l’habituelle politique industrielle prônée depuis des décennies par le PC ? Mais aussi un combat plus immédiat pour sa survie, celui des alliances électorales, pour espérer retrouver une visibilité perdue depuis bien longtemps. Le congrès de novembre devrait nous livrer des enseignements sur ces deux questions. L’enjeu est important pour le PCF, l’effacement ou la renaissance…



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