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L'invité de la semaine : Fabien Secondo

  • Fabien Secondo (au centre) sur la plus haute marche du podium au championnat du monde cycliste.
  • Fabien Secondo (au centre) sur la plus haute marche du podium au championnat du monde cycliste.
Le cycliste champagnolais est devenu champion du monde amateurs de contre-la-montre en Italie, moins d’un an après un terrible accident. Une belle leçon de vie et de résilience...

Fabien Secondo, être champion du monde, cela fait quoi ?

C’est un rêve qui est devenu réalité le 30 août à Varèse, en Italie. Je n’y croyais pas, car je suis parti sans me mettre la pression : « Plus tu es détendu, mieux ce sera » me suis-je dis au départ. A la mi-course, j’ai su que j’allais faire un chrono, mas il a fallu attendre les temps d’une quinzaine de coureurs après mon arrivée. Après, l’émotion et les larmes ont tout submergé. Durant la cérémonie officielle, j’ai pensé à tous ceux qui sont pour quelque chose dans ma victoire : ma famille, mes proches, mon fidèle sponsor (les transports Salvi Europe à Champagnole), ainsi que Jeannie Longo et son mari...

En quoi la championne olympique (avec aussi 59 titres nationaux et 13 titres de championne du monde) a-t-elle transformé votre vie ?

Je l’ai rencontrée sur la Gentleman d’Arinthod, en septembre 2016. Son « lièvre » avait chuté, et elle m’a demandé de la remplacer. J’ai au final été celui de son mari, à défaut d'être celui de cette femme incroyable, à la longévité et au mode de vie impressionnants… Mais depuis cette époque Jeannie m’a pris sous son aile, m’a transmis son expérience : l’alimentation, la stratégie de course, la manière de virer, etc.

Cette rencontre a constitué une chance extraordinaire, qui m’a permis de beaucoup progresser, en collaboration avec mon entraineur champagnolais, Pascal Bezin.

La victoire devait avoir un goût particulier après votre terrible accident ?

Juste avant la ligne d’arrivée, j’ai fait une grave chute à la montée d’Augisey le 16 septembre 2017. J’ai été « coincé » par le véhicule d’un particulier contre un trottoir et j’ai percuté à 50 km/h un muret de plein fouet avec de lourdes conséquences : pneumo-thorax, multiples fractures au visage et aux jambes. J’ai repris le vélo environ trois mois après, mais c’était très compliqué : je n’avais plus de sensations.

J’en ai parfois pleuré, mais je suis reparti de presque zéro et j’ai récupéré très vite. Sept mois après l’accident, j’étais revenu à mon meilleur niveau et en 2018 je me suis acharné. Avec des entraînements toujours plus durs, se faire toujours plus mal pour arriver au top avant les championnats du monde.

Ce fulgurant retour n’est-il pas un peu à l’image de votre carrière ?

J’ai eu en effet des années « sans » de 2013 à 2015, lorsque j’ai commencé à travailler en tant qu’électricien sur des poids-lourds. Une grosse fatigue… Mais mon employeur, Diebolt à Monnet-la-Ville a compris mes besoins et m’a permis de passer à mi-temps en 2018.

J’ai aussi connu des chutes impressionnantes -comme en 2015 où j’ai fini dans des barbelés- qui m’ont fait douter ou arrêter. Mais j’ai aussi réalisé des performances alors que personne ne s’y attendait, comme sur le prologue du Tour du Jura à Arbois en 2011. Une de mes premières courses de niveau régional, où je finis 9e sur 120 à la surprise générale…à tel point que les officiels ont cru au début à une erreur de chronométrage !

Le vélo et vous, c'est une longue histoire ?

J’ai commencé tout doucement à l’adolescence par le vélo plaisir. Mais assez vite, je tentais de faire des records de vitesse dans les côtes de Champagnole avec des copains. J’ai ensuite roulé avec des cyclos champagnolais aguerris (Pascal Bezin, Pascal Girardon, Daniel Binetruy, etc.) qui m’ont dit : « Tu as du potentiel, essaie la compétition ». Par la suite, j’ai remporté de nombreuses courses locales, mais sans jamais penser devenir un jour champion du monde...

 

Et maintenant, à 28 ans, à quoi rêvez-vous ?

Des coureurs avec lesquels j’ai fait jeu égal par le passé sont passés professionnels, et ont roulé dans des échappées du Tour de France. Mais je pense plutôt à essayer la piste, dans un club où ce type d’infrastructure existe. Dans les courses en ligne, les chutes ont laissé un traumatisme difficile à surmonter. Je participe cependant toujours à des courses régionales, comme la 19e gentleman d’Arinthod, que je viens de remporter le 2 septembre.


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