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L'invité de la semaine : Gilbert Carrez

  • Gilbert Carrez, Président du comité de ski du massif jurassien.
  • Gilbert Carrez, Président du comité de ski du massif jurassien.
Président du comité de ski du massif jurassien, il revient sur les heures de gloire de nos champions et sur la relève qui arrivera…si des partenaires jouent le jeu. Rencontre avec un fondu de ski, à l'aube des vacances d'été…

Gilbert Carrez, comment se porte le ski dans notre massif Jura/ Doubs ?

Nous sommes un des plus petits comités de France (en montagne), mais un des plus grands au niveau des titres. Près de 120 jeunes de 15 à 20 ans sont repérés dans le massif jurassien (Doubs, Jura et une partie de l’Ain) pour intégrer peut-être un jour les équipes de France. Nous sommes en effet un maillon entre celles-ci et les clubs.

 

Quelles sont vos missions ?

Notre premier rôle consiste à faire émerger des champions qui pourront concourir à diverses compétitions, incluant les championnats du monde et les jeux olympiques. A ce titre, l’entrainement des jeunes a été complètement refondu : les catégories ont été modifiées pour s’aligner sur les cycles scolaires. La catégorie U16, qui regroupait des élèves de collège et de lycée (15 et 16 ans) a laissé place aux catégories U15 (4e et 3e) et U17 (2e et 1e) afin d’être plus en osmose avec leurs parcours scolaires.

 

Quelle autre nouveauté pour votre pépinière de champions ?

Après 17-18 ans, nous avons constaté que les effectifs baissent énormément. Cela peut s’expliquer par ceux qui migrent en dehors du massif pour suivre des études supérieures, mais pas que…

Avant, les entraînements se résumaient à un parcours et un chrono. Les jeunes n’avaient donc que des chronos en tête, et on faisait des champions avant de leur donner le goût de la compétition.

En résumé, il y avait trop de compétitions, trop tôt. Les entraîneurs ont donc planché sur un nouveau projet sportif : la priorité sera de donner aux enfants et ados d’envie d’aller plus loin, puis l’envie de faire des compétitions et de gagner. Nous développons donc des formats attractifs et innovants jusqu’à 14-15 ans pour perfectionner leur technique : parcours habileté, sprints, ski-cross (confrontation épaule contre épaule par poules de quatre), multi-activités (ski de fond mêlé à la descente), etc.

C’est seulement après 14-15 ans, que l'on commencera un travail plus énergétique axé sur les compétitions.

 

La relève est-elle assurée ?

La France a remporté 15 médailles, dont 5 en or aux derniers jeux olympiques de Pyeongchang (soit le même record historique qu’à Sotchi en 2014, mais avec une médaille d’or de plus N.D.L.R.).

Anaïs Bescond (Morbier) avait particulièrement brillé avec ses trois médailles (dont une d’or). On repart pour une nouvelle olympiade à en essayant de faire encore mieux grâce par exemple à Lou Jeanmonnot (Métabief) qui a été championne du monde jeune biathlon en 2017 ou Valentin Chauvin (Prémanon) en fond spécial qui a gagné deux épreuves de Coupe OPA. Pour la saison 2018, on espère briller en championnat de France, en particulier en relais.

 

Finalement, de quoi manquez-vous ?

Du soutien de partenaires privés. Nos partenaires actuels sont fidèles mais il nous en faudrait 3 ou 4 de plus. Les collectivités locales (départements et régions) nous soutiennent également fidèlement, et leurs efforts s’inscrivent dans la durée. Mais l’état se désengage complètement, alors que notre niveau monte de plus en plus, ce qui suppose plus de moyens (entraîneurs, stages, déplacements, etc.). Résultat : la participation des parents croit, et on s’approche d’une sélection par l’argent...

 

Pourtant vous organisez de grosses manifestations...

En effet, le dernier championnat de France (mars 2018) a rassemblé 11.000 spectateurs, grâce au travail de 400 bénévoles. Notre mois de décembre 2018 au stade des Tuffes (Prémanon) sera aussi exceptionnel avec trois grandes compétitions : coupe d’Europe de ski de fond spécial, coupe d’Europe de biathlon et enfin coupe du monde de saut à ski féminin. Une grande première en France, car les femmes ne participent à cette discipline que depuis 4-5 ans. Nous avons donc de la neige (de culture si besoin est), des bénévoles, de jeunes talents et de belles installations (le stade nordique des Tuffes étant désormais un des plus beaux de France). Il ne nous manque plus que des moyens…

 

Et la Trans’jurassienne ?

Là aussi le manque de moyens fait défaut : nous ne pouvons pas faire venir de grands champions (olympiques ou du monde) internationaux, comme cela existait il y a 20 ou 25 ans. Cette belle course est donc devenue au fil des ans franco-française, comme le montrent les palmarès. Le manque de neige récurrent n’est pourtant pas rédhibitoire, car nous sommes habitués à prévoir des parcours : 1, 2, 3 en fonction de la météo.

 


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