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L'invité de la semaine : Pascal Regaldi

  • Pascal Regaldi.
  • Pascal Regaldi.
  • Suit la championne du monde de boxe thaï, Cindy Silvestre, lors des différentes étapes de sa préparation aux championnats du monde 2018 à Bangkok.
Plongée derrière le rose.

Pascal Regaldi, vous êtes photographe à Salins et venez d'opter pour un nouveau challenge artistique en suivant la championne du monde de boxe thaï, Cindy Silvestre, lors des différentes étapes de sa préparation aux championnats du monde 2018 à Bangkok. Pourquoi et comment vous est venue cette envie ?

En fait, tout simplement en lisant un article sur cette jeune femme de 24 ans championne du monde de boxe Thaï qui habitait dans le Jura. Je me suis demandé ce qui pouvait motiver une jeune femme à pratiquer un sport plus dur encore que la boxe anglaise puisque dans cette discipline il n’y a pratiquement pas de protection (uniquement coquille et protège poitrine) ; et qu’en plus, les projections sont permises ainsi que les coups de coude, tibia, pieds...

Dans la culture européenne, la pratique de ce genre de sport est plutôt mal vue et fait référence à l’hyper violence, cela s’ajoutant au fait que c’est une femme qui la pratique.

Le milieu de la boxe ne m’est pas complètement étranger car j’avais réalisé un reportage sur des boxeurs Cubains à la Havane en 2013 « boxe en appartement » qui a d’ailleurs obtenu un prix.

Par ailleurs j’aime « raconter des histoires », des parcours, approcher des milieux inconnus par le biais de la photographie.


En observant la page Facebook dédiée à votre démarche "Behind the Pink", on peut observer que vous avez déjà réalisé bon nombre de clichés d'entraînements ou de compétitions. Qu'avez-vous ressenti ou découvert lors de ces moments particuliers ?

Avant cela, juste deux mots sur le titre « Behind the Pink ». Oui derrière le rose. Qu’y-a-t-il derrière le rose des cheveux de Cindy Silvestre ? C’est la question principale de mon travail photographique.

Tout d’abord, je pense que nous avons tous une vision superficielle des sportifs de manière générale car nous les voyons très rarement à l’entraînement ou dans leur vie quotidienne, mais plutôt dans les grands événements, ce qui occulte le travail quotidien, l’abnégation, le don de soi, la douleur et la sueur.

Ce que j’ai ressenti c’est, avant la puissance physique, la force mentale qu’il faut pour pratiquer ce genre de sport qui s’apparente au don de soi. Cindy le dit elle-même « La boxe Thaï c’est toute ma vie ! » et en effet pour boxer à ce niveau il faut oublier sa vie ou plutôt la dédier entièrement à la boxe.

Cindy travaille à temps partiel car le Muay Thaï rapporte peu, est peu reconnu ; ce n’est pas un sport à la mode en France et tout coûte cher : les bandes, les gants, les tenues…et l’ostéopathe qu’il faut qu’elle aille voir régulièrement pour la « remettre d’aplomb ».

 

Votre instant favori ?

Le moment que je préfère est le Ram Muay, cette danse traditionnelle qu’affectionne particulièrement Cindy : le boxeur commence cette danse en faisant le tour du ring et tenant d’une main la première corde et en s’arrêtant à chaque coin pour effectuer une prière qui le protègera durant le combat. Les mouvements sont exécutés lentement et servent aussi de préparation mentale. Lorsque la danse est terminée, le boxeur se place dans son coin et baisse la tête pour prier devant son professeur qui, lui aussi, prie pour obtenir la victoire. 
Quelques secondes avant la cloche, le maître ôtera le Mon Kong (genre de serre-tête prolongé d’une queue) en lui soufflant sur la tête les formules magiques pour rendre l’objet efficace après l’avoir enlevé. Et il n’y a pas de combat sans la musique traditionnelle, lancinante qui imprime le rythme et stimule les combattants.

 

Quel est votre regard sur cet univers si singulier qu'est celui de la boxe Thaï ?

Au delà de la violence qui est présente dans les combats et plus encore que dans la boxe anglaise, le combat est souvent double et a permis à beaucoup de Thaïlandais de sortir de la pauvreté, même si aujourd’hui c’est devenu une « industrie » à part entière.
C’est également une culture du respect de son adversaire, de son maître, de son école emprunte de traditions anciennes. En Thaïlande cet art martial s’inscrit pour partie dans l’éducation des enfants, c’est encore un enseignement des techniques traditionnelles d’autodéfense. 
Je respecte le combat de ces hommes et ces femmes car il s’appuie sur une culture, une tradition des valeurs même si elles nous échappent et si nous réduisons bien souvent en Europe ces pratiques à de la violence pure.

 

En maintenant, quel est le programme de la suite de cette aventure ?

Continuer à suivre Cindy lors de ses entraînements à domicile ou ailleurs, de la suivre également à Bâle en février où elle encadre un stage, chez son tatoueur ou chez son ostéopathe… 
Je suis également à la recherche d’autres sponsors car participer aux championnats du monde en Thaïlande coûte cher et elle a besoin de soutien comme tous les sportifs pour pratiquer sa discipline dans des conditions correctes.

L’aventure à venir est aussi de préparer mon reportage en Thaïlande de Bangkok à Ayutthaya et sur l’île de Koh Samui où Cindy aura à s’acclimater et à s’entraîner à la Thaï, plus durement encore (2 entraînements spécifiques par jour) dans la chaleur des camps thaï.

Je vais donc la suivre les trois premières semaines de mars en Thaïlande et ce jusqu’aux championnats du monde au National stadium de Bangkok où elle ne compte pas laisser sa ceinture. 

Qu'en espérez-vous, qu'en attendez-vous ?

Tout d’abord et sans parler du reportage photo que je réalise, je souhaite qu’elle gagne encore !

Mais j’attends aussi que mon reportage soit publié le plus largement possible pour qu’elle obtienne les lettres de noblesse qu’elle mérite, pour que ce sport soit aussi mieux connu et donc mieux considéré. Nous ferons aussi en sorte que certaines images soient vues et prévoyons une projection pour les sponsors avec des explications et démonstrations de Cindy à son retour.


Et pour vous plus particulièrement, d'autres projets à venir à plus ou moins long terme ?

Oui, j’ai toujours quelques projets en réserve et notamment « YOU » qui vient de débuter ce 1er janvier 2018 et que l’on pourra suivre au quotidien sur mon site pascalregaldi.com
Il s’agit de reproduire sur un an ce que nous vivons en une journée quand nous déambulons dans une ville : nous croisons des regards, voyons des visages, échangeons des sourires qui disparaissent de notre mémoire presque instantanément. Chaque jour, je ferai des portraits d’inconnus en noir et blanc et ils viendront nourrir mon site, titrés simplement par exemple : Laure - 1er Janvier - 18h22 -Besançon.

L’ensemble de ces portraits d’inconnus constituera une galerie de 365 visages qui feront peut être l’objet d’une exposition « grand format » … Un travail sur la mémoire et sur le temps.


Contact / liens : 
Web : pascalregaldi.com 
Mail : contact@pascalregaldi.com

Tel : 0687755672


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