Hebdo 39 Lons-le-Saunier

Les familles d’accueil : des métiers pour apporter du bien aux gens

  • Des assistants familiaux en pleine formation
  • Des assistants familiaux en pleine formation
  • Xavier Saget, manager de la Maison des Solidarités, Pauline Pelgrin, éducatrice ASE, Frédéric Garcin, éducateur ASE, Florence Petitjean, secrétaire ASE, Murielle Pitard, puéricultrice service PMI et Elise Petitclerc puéricultrice service PMI, en réunion
  • Corinne Grave, Présidente de l'Association Départementale des accueillants familiaux du Jura et son époux Noël également accueillant familial
Dans l’opinion public, être famille d’accueil, c’est recevoir chez soi un ou des enfants. Même si c’est une des parties du métier, il reste que ce n’est pas la seule facette d’une famille d’accueil. Il faut bien différencier assistant familial, personne, qui va accueillir à son domicile des enfants ; et accueillant familial, qui lui, a à sa charge des personnes âgées et ou handicapées. Ces deux métiers sont certes bien différents et pourtant ils ont but commun : aider les gens dans le besoin.

Un besoin urgent d’assistants familiaux dans le Jura
 
Un assistant familial accueille chez lui un enfant ou plusieurs (Ndlr : ils peuvent en avoir 3) de la naissance jusqu’à l’âge adulte. Pour faire ce métier « impossible » comme le décrit Dominique Marie, Chef de Service Enfance Famille, il faut un CAP petite enfance et des capacités à aimer les enfants. « Nos missions sont essentiellement éducatives, vérifier son développement physique, cognitif, intellectuel et psychologique. C’est l’aider à grandir le plus sainement possible » explique une assistante maternelle rencontrée lors d’une formation. « Face à nous nous avons un enfant et en même temps ce n’est pas le nôtre donc on ne peut pas l’éduquer totalement comme les nôtres. On ne peut pas être laxistes avec les enfants accueillis. La plupart du temps, ils ont besoin de cadre. Ils sortent de situation où ils n’ont aucun repère donc si vous êtes laxistes ça déborde de suite. Pour moi, c’est cette détresse permanente, cette peur de tout, qui est le plus difficile » développe l’assistante familiale. Pour devenir assistant(e) familial(e), il faut passer par une procédure particulière pour obtenir un agrément d’assistant familial. Cet agrément est donné par la PMI, Protection Maternelle Infantile, dont la Chef de service est le docteur Claire Girardin. Les personnes désireuses de faire ce métier à part entière, font une demande par écrit au Conseil Départemental du Jura. Une procédure d’évaluation s’engage alors. Après l’obtention de l’agrément existe deux temps de formation ; un de 60 h avant l’embauche et un de 240 h qui doit être fait dans les 3 ans après le premier contrat de travail. Les assistants familiaux peuvent travailler au sein du Conseil Départemental ou dans d’autres structures comme des services d’assistantes familiales spécialisés.

Un manque cruel d’assistants familiaux dans le Haut-Jura

4 unités territoriales sont à noter sur le département du Jura, celles de Lons-le-Saunier, de Dole, de Saint-Claude/Morez et Champagnole/Arbois. Dans ces unités sont réunis des travailleurs sociaux, qui ont la tâche de placer les enfants soit dans les MECS, Maisons d’Enfants au Caractère Social, soit chez les assistants familiaux. La répartition des assistants familiaux sur le département est totalement différente d’une unité territoriale à une autre « On peut dire qu’il y en a plus à Dole et pas mal à Champagnole/Arbois et à Lons-le-Saunier, mais nous en avons un manque cruel à Saint-Claude/Morez, où il n’y en a que 9 ou 10 alors qu’il y en a entre 60 et 70 pour les autres » avoue Dominique Marie en ajoutant « Le manque cruel que nous avons c’est sur le Haut-Jura et c’est ennuyeux pour nous car en plus nous n’avons qu’une unité pour tout le Haut-Jura pour placer les enfants, ce qui fait que nous avons un manque de place ». Du coup, les unités territoriales sont obligées de prendre des assistants familiaux sur Champagnole, Arbois ou Lons-le-Saunier, mais obligent les assistants familiaux, les familles à faire des déplacements ce qui est un gros souci car être en famille d’accueil ne signifie pas que l’enfant ne voit plus sa famille au contraire. « Le but c’est que l’enfant puisse repartir avec ses parents le plus rapidement possible » explique l’assistante familiale. A la question comment expliquer cette pénurie d’assistants familiaux, Dominique Marie rappelle que le métier d’assistant familial est très compliqué avec des difficultés réelles de comportement. C’est pourquoi les familles d’accueil reçoivent des formations pour pouvoir s’adapter à la détresse aussi bien des enfants mais également des parents « Il faut s’accorder avec la détresse des parents aussi » explique l’assistante familiale suivie par la Chef de Service Enfance Famille « Les parents ne laissent jamais leurs enfants de bon cœur. Ce n’est pas un abandon. Ils sont dans une difficulté telle qu’ils ne peuvent pas continuer à accompagner leurs enfants et les élever tous seuls. Ils se sentent aussi coupables de les laisser ». Cette dernière voudrait mettre en place des formations spécifiques ; une pour les tous petits et une pour les enfants ou adolescents à problématique multiples (violence verbale et physique, non-respect du non, problème de dyslexie). Dans le Jura, les enfants sont plus placés en famille d’accueil qu’en maison d’enfance dans le Jura car les placer chez un assistant familial permet à l’enfant de retrouver un cocon familial. Le problème qui se profile pour les différentes unités territoriales, c’est que bon nombre de leurs assistants familiaux vont bientôt partir à la retraite. « On a des personnes qui se positionnent mais je pense qu’il en faudrait davantage et notamment des jeunes car c’est quand même un métier fatiguant » conclut Dominique Marie. Pour aider à cela des groupes d’aide à la pratique sont mis en place pour les assistants familiaux en individuel ou en groupe pour rencontrer un ou une psychologue lorsqu’ils rencontrent des problèmes « Il faut communiquer. C’est très important » avoue l’assistante maternelle.

Pour faire une demande : envoyer une lettre impersonnelle au Président du Conseil Départemental pour le service de la PMI qui fera le nécessaire par la suite.




Les accueillants familiaux, un métier encore trop méconnu

« Une assistante familiale s’occupe des enfants, on va dire jusqu’à sa majorité, nous, nous prenons le relais tout simplement. Nous accueillons des personnes adultes handicapées et ou des personnes âgées. Ce sont des contrats de grés à grés entre les personnes concernées et nous, si elle a les facultés ou si ce n’est pas le cas avec une tutelle ou une personne de confiance. Ça nous tient à cœur » explique Corinne Grave, Présidente de l’Association Départementale des accueillants familiaux du Jura et accueillante familiale depuis 2012, rejointe par son époux Noël en 2014. Accueillant familial c’est un métier à part entière et les personnes qui le font sont rémunérées pour ça. Il existe des contrats à temps plein, des contrats séquentiels bien définis à l’avance pour faire une coupure avec les foyers et des contrats temporaires. Pour devenir accueillant familial, il faut tout d’abord avoir un casier vierge et avoir pour chaque personne accueillie une chambre de minimum 9 m². Ensuite il faut faire une demande auprès de Conseil Départemental. Ce dernier envoie un dossier qu’il faut leur renvoyer rempli. Après étude du dit dossier, ils ont 4 mois pour se décider. Ensuite les personnes souhaitant accueillir des personnes âgées et ou handicapées reçoivent la visite de la Chef de mission du Conseil Départemental, qui vient visiter l’appartement et parler avec eux pour voir s’ils sont aptes. Ensuite, les futurs accueillants passent devant le ou la psychologue pour s’assurer que ces derniers sont prêts à accueillir.

Une attention de tous les instants

Lorsqu’un accueillant reçoit chez lui son ou ses personnes, il l’accueille à son domicile 24/24 h et 365/365 jours sans relâche même si comme toutes personnes travaillant les accueillants agrées peuvent prendre des vacances. « L’une des obligations de notre contrat est d’indiquer le nom des personnes qui sont susceptibles de nous remplacer en cas d’absence » explique la Présidente de Familleacoeur. Depuis peu, ces personnes ne sont plus juste de la famille proche qui dépanne, mais des personnes dont c’est le travail car c’est une attention de tous les instants. « En aucun cas, un accueilli peut rester seul, même le temps de faire des courses » ajoute-t-elle. Accueillant familial est un métier où il faut aimer les gens sinon il devient difficile à réaliser tant ce travail est difficile mais où il faut néanmoins rester en recul comme l’explique Corinne Grave « Pour moi, nous sommes famille d’accueil, c’est-à-dire que ce qu’on peut leur apporter c’est de l’attention, du bien-être, quelque part de la tendresse si on veut bien, mais malgré tout, ils sont tous conscients qu’avant il y a eu autre chose. Ils gardent tous des contacts avec leur famille » explique-t-elle. Ce retrait nécessaire est une façon de conserver un garde-fou car les accueillants ont aussi leur famille avec qui ils veulent et doivent passer du temps. Les accueillants familiaux sont là pour donner un relais après une certaine période de la vie. « Le maître mot qui pourrait être le mot de la fin, il faut vraiment que l’on se fasse connaître. Au Canada, ce métier existe depuis des dizaines et des dizaines d’années. Ils appellent ça du baluchonnage et là-bas c’est coutume, ici les gens ont du mal. Ça commence à bouger. Notre président du Conseil Départemental semble vouloir faire bouger les choses. On commence à se rapprocher de l’accueil familial car ça commence enfin à se savoir » conclut Corinne Grave.

Pour plus d’informations :  
Email : grave.noel@orange.fr
Tél : 03 84 70 50 07
03 84 51 73 30
07 78 81 74 78
06 42 21 80 93

Les familles d’accueil dans le Jura, en quelques chiffres

En 2017 :
•    337 enfants accueillis chez les assistants familiaux
•    190 assistants familiaux sous contrat avec le département
•    235 agréments aux assistants familiaux
•    47 accueillants familiaux
•    2 ou 3 agréments de couple en accueillants familiaux






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