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Un des plus grands sites gallo-romains de France à Chaux-des-Crotenay

  • Les élus jurassiens mobilisés pour protéger un site inestimable.
  • Les élus jurassiens mobilisés pour protéger un site inestimable.
  • Le chateau médieval de Chaux des Crotenay cache 288 autres vestiges. Crédit photo : Archéojurasites.
Un vaste scan aérien prouve la présence d’un site protohistorique de 158 ha, incluant un oppidum protégé par une immense enceinte cyclopéenne.

« Eclairer le passé grâce à la science » : comme l’a expliqué Clément Pernot, président du conseil départemental, une pièce supplémentaire « d’une importance majeure » a été découverte à Chaux-des-Crotenay. Les résultats d’un scan minutieux et étendu effectué par un hélicoptère pourvu d’un laser, grâce au mécénat des fromageries Arnaud.

 

L’appui médiatique de Franck Ferrand

 

« Nous avons de grands trésors sous les yeux, mais nous ne nous en apercevons jamais car les hommes ne croient pas aux trésors » : c’est par cette citation de « l’Alchimiste » (Paulo Coelho), que Franck Ferrand, a introduit l’incroyable découverte, devant de nombreux élus jurassiens, habitants du secteur, ou passionnés d’histoire, rassemblés le 21 septembre au conseil départemental du Jura à l’initiative du président Pernot. Charismatique journaliste français spécialisé en histoire, l’homme de lettres n’a pas mâché ses mots pour décrire inestimable valeur du site : « une des zones les plus importantes de France et même d’Europe : et même la première de France et la troisième en Europe » si on englobe l’ensemble du plateau (soit 918 ha).

L’étude Lidar a en effet prouvé noir sur blanc que des vestiges protohistoriques (époque gallo-romaine) s’étendent sur une vaste superficie : « pas moins de 288 recensés sur 15 km2 » tels que des routes, des ponts, des tumulus funéraires, un château a révélé François Chambon, secrétaire de l’association Oppidum. Parmi eux, 128 nouveaux vestiges (soit près de 50% de trésors qui étaient jusque là inconnus...), et une enceinte cyclopéenne qui serait quatre fois plus importante que celle découverte à Mycènes (Grèce).

Dépasser les clivages dans l’intérêt général

 

C’est dire l’énorme potentiel qui sommeille dans les pâturages et les forêts du plateau, un « paysage composé de constructions sans rapport avec une activité agricole » a précisé l’association de l’Oppidum. Tout ce potentiel était hélas mis de côté par une partie de la communauté scientifique, plutôt concentrée sur la présence d’Alésia à Alise-Sainte-Reine (Bourgogne). A ce sujet, Franck Ferrand a placé le débat au-dessus de la mêlée, en laissant entendre que ces clivages ne sont plus d’actualité : « On ne parle pas d’un site datant de -52 avant J.C (bataille d’Alésia N.D.L.R.), mais de -520 ou plus avant J.C. » a-t-il assuré. Comme l’a souligné avec détermination et humour Clément Pernot, président du conseil départemental, il serait temps de « mettre un terme à cette tartufferie : cachez ce site que je ne saurais voir ». David Louyot, archéologue ayant travaillé entre autres à l’Institut national de recherche archéologique préventive (Inrap), a lui aussi apporté précédemment sa caution scientifique à cette révélation, estimant que Chaux-des-Crotenay abrite bel et bien « un site d’importance, qui mérite une grande attention ». Mais que faire désormais ?

Clément Pernot prêt à assumer

 

Franck Ferrand, par ailleurs mémoire vivante du Tour de France (bien connu pour ses commentaires approfondis sur la géographie et le patrimoine français durant les étapes) a mis en avant la nécessité absolue de « protéger le site », face à une dégradation accélérée. Une protection qui serait optimale si elle vient de la DRAC (Direction régionale des Affaires culturelles), mais à défaut les élus jurassiens auraient des moyens d’agir en urgence (arrêtés municipaux, plan local d’urbanisme, etc.). Message reçu 5 sur 5 par Clément Pernot, à la fois en tant que président du conseil départemental et de la communauté de communes : « Nous nous devons d’être à vos côtés » a-t-il précisé, invoquant l’intérêt national du site.

Suspendus à la demande de fouilles

 

« Vous pouvez compter sur nous » a-t-il ajouté, en direction aussi de l’association de l’Oppidum et d’Archéojurasites, qui se battent toutes deux pour faire émerger la « vérité qui se dessine » et qui ont croisé leurs bases de données (450 vestiges historiques et plus de 10.000 photos d’archives) avec les résultats Lidar. Après la remise du rapport « Opus 1 » (rapport très détaillé -280 pages- sur cette première étude Lidar) aux autorités compétentes, Franck Ferrand a insisté sur la nécessité « d’en venir aux fouilles archéologiques » : seuls des sondages pourront préciser les faisceaux d’indices, mais ils nécessitent une autorisation de la DRAC. Tout reste encore à faire pour l’avenir et le passé de Chaux des Crotenay, un des prochains épisodes résidant logiquement dans une mobilisation générale pour protéger un site « en grand danger ».

 


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